La Paranoïa : qu’est ce que c’est et comment l’a traiter ?

La paranoïa est un trouble mental qui peut avoir des conséquences graves sur la vie quotidienne des personnes atteintes. Elle se caractérise par des idées irrationnelles de persécution, de complot et de menace. Cet article examinera de plus près la définition, les causes et les traitements de la paranoïa, ainsi que les moyens de gérer les symptômes et de vivre une vie plus épanouissante malgré cette condition difficile.

Illustration Paranoia

1. Définition de la paranoïa

Il s'agit d'une disposition anormale et durable de l'esprit conditionnant une organisation de l'existence et un style de vie, autour d'un vécu persécutif, dans une apparence de clarté et de logique, et sans qu'il y'ait réelle atteinte intellectuelle.

Il en existe des formes mineures et d'autres réellement gravissimes (avec délires et hallucinations) pour lesquelles on parle alors de psychoses paranoïaques.

2. Traits de personnalité du paranoïaque

  • Hypertrophie du "Moi" : l'orgueil des paranoïaques est démesuré, ils se surestiment grandement et montrent un égoïsme net, également, une grande susceptibilité. Le Paranoïaque est despotique avec son entourage et dans ses relations sociales, obséquieux envers ses supérieurs, et se comporte en tyran dans le milieu familial.
  • Permanence du doute : Méfiance excessive se traduisant par la susceptibilité, l'agressivité, une utilisation régulière de sarcasmes ou de l'ironie. Le paranoïaque doute de tout et de tout le monde, sauf de lui-même... ce qui le différencie notamment des obsessionnels.
  • Fausseté de jugement : des interprétations de chaque parole, de chaque geste... avec une perte totale d'autocritique sur ce point. Le paranoïaque suit des raisonnements d'apparence logique, mais à partir d'un fait réel, il aboutit régulièrement à une conclusion totalement erronée, victime de ses interprétations excessives selon lesquelles "tout le monde lui veut du mal". On parle de raisonnements paralogiques.
  • Sentiment de persécution : grande rigidité et entêtement : ils sont asociaux et font notamment des procès à tout va.

3. Le délire paranoïaque

Ce type de délire est insidieux et on le trouve généralement, couvant depuis de nombreuses années, chez les sujets de 35 à 40 ans. Le délire s'appuie sur un ou plusieurs des traits suivants :

  • Délire de persécution : issu de la permanence du doute et du sentiment de persécution, il s'exprime parfois par des délires d'empoisonnement, d'agression... Cela peut débuter à partir d'un dommage réel (accident, par exemple). Un véritable délire va se mettre en place à partir de là.
  • Délire passionnel : il en existe trois types :
    • Le délire érotomaniaque est la certitude d'être aimé par une personne, souvent de haut rang social, ou célèbre. Il débute par une "révélation" fondée généralement sur un détail anodin (un patron qui gratifie sa secrétaire d'un sourire, un cadeau d'anniversaire, etc...), détail qui va entraîner une certitude. Se met alors en place une longue phase d'espoir, lors de laquelle le paranoïaque va envoyer lettres, cadeaux, messages codés, allusions... Comme il n y a pas souvent de réponse (parfois, la cible ne s'en rend pas compte), cette phase est suivie d'une phase de dépit avec une totale indifférence, très courte, puis une phase de rancune tenace, avec menace et parfois (souvent) passage à l'acte.
    • Le délire de jalousie peut prendre forme à partir d'une idée fixe sans motif précis, de manière discrète au départ, mais le paranoïaque va ruminer puis avoir des soupçons (pas forcément justifiés) pendant plusieurs mois. Les doutes vont de plus en plus ressembler à des certitudes, ce qui va se traduire par une recherche effrénée et systématique de preuves, une surveillance intensive, ... Les amis et parents du conjoint vont devenir des complices de celui-ci, au yeux du paranoïaque. Les simples gestes ou mimiques vont, pour lui, constituer des preuves de tromperie. Ce délire se ponctue régulièrement de phases dépressives, avec des passages à l'acte, contre soi ou contre le conjoint.
    • Le délire de revendication naît suite à un préjudice dont le paranoïaque se croit victime. Il exige d'obtenir réparation, ces révendications peuvent être en rapport avec la loi ou la santé (hypochondrie)... Le paranoïaque peut finir par se fanatiser en politique ou en religion.

4. Traitement contre la parano

La chimiothérapie est rarement effective. Les psychothérapies de soutien peuvent essayer de jouer sur les conflits sous-jacents à la personnalité, avec pour objectif principal de réaménager des relations de confiance, et de raisonnement plus juste.

L'internement peut se produire si le comportement est jugé dangereux. Ce trouble mental est extrêmement dur à soigner par la parole, puisque le paranoïaque ne fait confiance qu'à lui même et en ses propres jugements erronés. Il se méfie régulièrement des psychothérapeutes et à la rigueur, fait parfois semblant d'accepter l'aide, tout en la rejetant mentalement avec force. Les paranoïaques sont souvent manipulateurs..

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17 réactions à La Paranoïa : qu’est ce que c’est et comment l’a traiter ?

  • Comment faut-il se comporter avec une personne à personnalité paranoïaque ? Peut-on lui dire qu’elle l’est ? Peut-elle le comprendre ?

    Si on est logique, peut-on espérer qu’elle se remette (un peu) en cause ? utiliser gentillesse ? fermeté ? sublimation ?

    Doit-on se défendre de ses accusations (non formulées, donc lesquelles exactement ?) mais exprimées par un comportement de mépris ? ou s’éloigner, se tenir à distance et espérer que la confiance reviendra ?

    Ne pas culpabiliser surtout, j’imagine… (ce que j’ai fais, et j’en sors meurtrie, je suis d’ailleurs une psychanalyse).

    Merci de votre réponse.

    • Ce sont des questions sensées que vous posez là : effectivement, le discours du paranoïaque étant d’apparence logique, on pourrait croire que la logique soit la meilleure arme dont on puisse disposer, malheureusement, le discours et certainement la pensée du paranoïaque, n’ont comme indiqué, que l’apparence de la logique, se portant sur des postulats parfois insensés et des raccourcis stricts que le paranoïaque considère comme indubitables (ce qu’ils ne sont que rarement, quand on essaie de savoir ce qui se passe dans la tête de quelqu’un…)

      Cela explique pourquoi on conseille régulièrement à l’entourage de conserver sa distance face aux délires, ne pas rentrer dedans même pour essayer de prouver l’inverse. Il semble plus approprié de « désamorcer » les raisonnements en donnant d’autres explications possibles, en exposant d’autres façons de raisonner.

      Bien entendu, la plupart des réponses ne peuvent être fournie qu’au cas par cas (ce que nous ne faisons pas ici, pour le moment).

      Il est difficile et peut être pas justifié de tenter d’aider quelqu’un contre sa volonté. Dans le cas où une personne a effectivement besoin d’aide mais n’en souhaite pas, l’entourage devrait logiquement penser à lui-même (sa propre intégrité) en premier lieu. Sur le long terme, un paranoïaque est généralement difficile à supporter, il n’est pas rare qu’une séparation ait lieu, et dans des cas extrêmes, même si c’est regrettable à dire : si une personne ne peut être que malheureuse, autant qu’elle n’en entraine pas d’autres avec.

      Le comportement de mépris est assez courant, vous êtes plus à même de considérer la situation et décider si cela vaut la peine de la supporter ou non. Dans tous les cas, vous pouvez tenter des démarches avec cette personne pour demander l’aide de professionnels. Il y’a beaucoup à savoir sur votre situation avant de fournir un élément de réponse viable, ce que nous ne pouvons faire ici. Bon courage à vous !

  • Comment une personne paranoïaque se soigne t-elle ?

    Est-ce-lié à un manque de confiance en soi ?

    • De ce que je connais de mon expérience dans la prise en charge des personnalités paranoïaques, ce qui les amène généralement à consulter est l’association de leur délire avec une dépression (à force de faire appel à la justice et de ne pas avoir gain de cause, parce que l’entourage s’éloigne…).

      Généralement, dire à un paranoïaque qu’il l’est peut s’avérer très dangereux. N’oublions pas que certains paranoïaques ont tués !! Une personne paranoïaque ne se soigne généralement pas ; on peut juste tenter d’amenuiser le délire par traitement. Au cours d’une prise en charge psychothérapeutique, je pense qu’il faut s’attacher à la dépression présente et non au délire ; rien à y faire, la conviction est trop forte. Essayer de leur montrer que leur combat est vain sans remettre en cause la véracité de celui-ci est en général quelque chose qui fonctionne assez bien.

  • C’est une analyse dramatique mais pas fondamentalement fausse…

    Le paranoïaque ne manque pas de confiance en lui, bien au contraire, il est convaincu de ses raisonnements, de ses perceptions, de ses capacités, jusqu’à les surestimer.

    Le premier commentaire et sa réponse exposent des voies de réflexions quant aux soins potentiels ou envisageables, ainsi qu’à leur justification.

    Il est exact que cette pathologie est très difficile à prendre en charge, pour de nombreuses raisons : le patient n’est souvent pas prêt à accepter l’aide du thérapeute comme telle (pour ce patient, ce n’est qu’un autre parmi « eux », qui lui veulent du mal), il n’est pas souvent conscient du fait que quelque chose ne va pas et qu’il en résulte de la souffrance pour lui à cause de cela.
    De même la souffrance des autres lui parvient de manière parcellaire et fait face à un manque assez régulier de compassion. Il répond à l’agression, qu’elle soit imaginaire ou non, dans une confiance totale en sa propre perception et se sent donc tout à fait légitime.

  • D’après vos commentaires, un paranoïaque ne peut pas desseller ses symptômes et il ne sait pas se remettre en cause.

    D’après vous, si une personne se déclare paranoïaque et demande de l’aide à son entourage, est ce qu’elle ne risque pas d’entrainer sa paranoïa sur autrui…

    Une sorte d’infection par la pensée…

    On constate leurs tempérament très têtu et leurs pouvoir de conviction.

    Stephane : donc la personne qui se sent paranoïa, est trop sur de soi… c’est vrai qu’elle anticipe et tente de résoudre toute une série de comportement de son entourage proche.
    Mais que ce qui fait que cette personne commence a ce sentir traquer, surveiller, et change de comportement à chaque fois …

    Est ce un manque de quelque chose ou bien c’est des personnes fortement solitaire qui vive dans une boule et qui s’en renferme tout doucement sur eux-mêmes ?

    • Certains auteurs y voient principalement une distorsion de la perception et du jugement – en fait, je précise que toutes ces questions sont abordées dans l’article même, chapitre « traits de personnalité ».

      S’il y’a un manque, c’est assez régulièrement un manque d’introspection, de remise en cause de soi et de ses jugements. J’ajoute, pour rester prudent, que les informations présentes ici constituent des généralisations, qui comme souvent, supportent des exceptions.

  • Merci pour ce site qui vient de m’éclairer sur la personnalité paranoïaque de mon ex-conjoint dont je me suis séparée après des années difficiles.
    Mais nous avons des enfants en garde alternée et je me fais du souci pour mon fils de 15 ans qui souffre régulièrement des accusations et des colères démesurées de son père et doit se sentir coupable.
    Dois-je lui parler de mes doutes concernant les troubles de la personnalité de son père ? N’est-ce pas un environnement destructeur pour un enfant ?

  • Certes le « paranoïaque » n’a généralement pas conscience de son trouble, mais cela n’est qu’une généralité. Si un individu reconnaît l’existence de sa pathologie, une thérapie aurait t’elle plus de « chance » d’aboutir à une guérison ?

    Ou les barrières défensives mises en place par le patient interdiraient toute amélioration quand bien même il désirerait ardemment se soigner ?

    • De fait, la conscience du trouble est un indice de l’intensité de la paranoïa. Un individu en plein délire paranoïaque ne se considère pas malade, puisque ce qu’il juge passe justement à travers le filtre symptomatique (fausseté de jugement, notamment).

      En période plus lucide, le paranoïaque, peut avoir conscience du trouble plus facilement et entreprendre ou continuer la thérapie.

      Néanmoins, restent à la fois la méfiance générale inscrite dans sa personnalité (continue) et le risque de rechute en délire paranoïaque (chronique), dont on connait encore mal les origines et les mécanismes – d’où la difficulté à « soigner » le patient. Sans aucun doute, comme la majorité des pathologies à composante psychologique, la prise de conscience d’un problème aide à le résoudre.

  • Il me semble que le sujet qui présente une paranoïa, vient très rarement en thérapie. Cela arrive souvent au décours d’une hospitalisation ou lorsqu’il déprime.

    Face au délire et pas seulement lorsqu’il est de type paranoïaque, il est souhaitable me semble t’il d’adopter un mode de présence qui consiste à écouter, à accepter d’être l’adresse de cette production, sans la critiquer (ce qui n’aurait aucun effet ou provoquerait de l’agressivité) mais en signifiant au sujet, lorsqu’il le demande, que nous respectons son point de vue, mais que le notre est différent. Nous respectons le sien et il ne peut nous obliger à abandonner le notre.

    Quelquefois cette remarque peut provoquer un questionnement et modifier « temporellement » le rapport qu’il entretient avec son discours. Autrement dit, il peut sortir de sa conviction délirante et se mettre un bref instant à douter ce qui n’est pas si mal.

    Petite remarque , une construction discursive est dite délirante non en fonction de son contenu, mais en tenant compte du rapport que le sujet entretient avec cette production. Si il peut la mettre en question, si il peut douter, il n’est plus dans une position délirante.

    Bonsoir.

  • Je suis un authentique paranoïaque malheureusement.

    J’ai eu des délires très poussés, infidélité du conjoint, j’ai pensé pendant quelque temps que mes propres enfants n’étaient pas de moi, complot contre moi, j’étais suicidaire… Puis je me suis réfugié dans la mégalomanie.

    Si je peux aider certains d’entre vous ?

    Ce que je peux déjà dire c’est qu’avant que les délires n’évoluent trop il faut conseiller à la personne concernée de voir un médecin psychiatre peut-être l’accompagner et l’aider à parler de ses délires afin qu’une psychothérapie soit mise en place ainsi qu’un traitement à base de risperdal ou autre neuroleptique avant que la maladie n’évolue trop.

    Il y va de la vie du malade et des conséquences désastreuses que les délires peuvent amener à faire en pleine crise psychotique.

    • Je trouve très intéressante cette discussion, et très courageux le témoignage de Greg.

      Je m’adresse d’ailleurs à vous, Monsieur, pour vous demander comment vous avez réussi à en prendre conscience, ou bien si vous avez toujours eu conscience de cette problématique ?

      J’ai moi-même un ami depuis deux ans, à qui les sentiments de jalousie semblaient totalement étrangers ; c’est aussi ce qu’il disait et ce qu’il dit encore. Mais petit à petit, son attitude s’est mise à changer et quand il a commencé à exprimer par bribes des propos de cette nature, j’ai d’abord pensé à de l’humour tellement l’idée qu’il avait de ma personne était en opposition avec qui je suis. Et puis ça a empiré et j’ai ressenti une telle violence en lui que j’ai mis une distance souple mais réelle entre nous en attendant de voir la façon dont ça évolue.
      Ça me fait vraiment souffrir. Il m’accuse de choses ahurissantes. Il suit une psychanalyse, mais s’il est vrai que des progrès sont visibles dans son relationnel avec les autres, cela empire avec moi (ou plutôt, sa jalousie a pris de l’ampleur et une forme de construction totalement erronée)
      Vous proposez votre aide et je vous en remercie. Je trouve cela touchant;
      Pensez-vous être guéri de vos difficultés et de votre souffrance ?

      Comment avez-vous fait ?

      Merci à l’avance de votre réponse

  • J’ai été par la force des choses obligé de prendre conscience de ma pathologie.

    J’ai eu un premier épisode paranoïaque, cet éclatement psychique est survenu après une longue période de suspicion d’infidélité de mon ex-femme.

    Je fouillais son sac, consultais son téléphone, lisais ses courriers, la questionnais sur ses sorties, qui elle voyait…

    J’ai eu des hallucinations visuelles et sonores en plus de ce sentiment d’être trompé.

    L’hospitalisation n’a duré que 15 jours, j’ai tout fait pour ressortir au plus vite en promettant à mes proches et à ma femme (on n’était pas divorcé à ce moment-là) de me soigner.

    J’étais sous Tercian pendant ma très courte hospitalisation, je n’ai conservé que l’antidépresseur à ma sortie. J’ai refusé toute aide par la suite que ce soit pharmacologique ou psychologique.
    Les sentiments décrits plus haut sont revenus de plus belle.

    Ils se sont renforcés, persécuteur désigné « le pseudo amant de ma femme », je pensais qu’ils avaient essayé de m’empoisonner. Terribles céphalées (maux de tête), j’ai passé scanner, IRM, fait des prises de sang.

    Même lorsque j’avais les résultats en mains je pensais qu’ils avaient réussi à les modifier.
    Hallucinations de plus en plus fortes.

    Je me suis mis à penser que mes enfants n’étaient pas les miens, je vous laisse imaginer dans quel état psychique je pouvais être et dans quel état pouvaient être mon entourage.

    Puis les délires se sont étendus à tout ce qui m’entourais. Ordinateur et téléphone piratés, complot contre moi…

    Je devenais de plus en plus fou.

    Nous avons divorcé.

    Je consultais déjà à ce moment-là, mais étant donné que je disais à mon psy que ma femme me trompait et que mes enfants n’étaient pas de moi il ne s’est pas rendu compte que j’étais paranoïaque.

    Je vivais dans une terreur très forte mais par moment les délires redescendaient.

    Jusqu’au jour où j’ai provoqué un accident de la route, j’ai percuté une autre voiture à contre-sens sur une route et blessé quelqu’un gravement.

    Suite à l’accident j’ai été hospitalisé en HP pendant 4 mois. Mes délires ont continué malgré le traitement et les discussions avec les psychiatres et les psychologues.

    Mes délires de persécution se sont mués en mégalomanie et en détachement total par rapport à ce que j’avais fait.

    Ce n’est que 15 jours avant ma sortie que je suis redescendu sur terre.
    Depuis j’ai pris les choses en mains, injection de risperdal (produit miracle) et rdv tous les mois avec mon psychanalyste et le psychiatre qui me suivait à l’HP et désormais au CMP.

    Avant que n’évolue la maladie, n’hésitez pas à en parler avec un psychiatre qui travaille dans un HP.
    Il faut certaines fois faire une HDT ou une HO avant que la personne concernée ne commette quelque chose d’irréparable.

    Mon ex-femme est irréprochable, mes enfants sont de moi et les autres ne sont pas déjantés, par contre je suis bien fou et je me soigne ad vitam aeternam.

    Un paranoïaque ne guérit jamais mais il peut se soigner tout au long de sa vie. Il lui faut une aide pharmacologique et psychologique aussi longtemps que possible.

  • Comment protéger deux adolescents d’une mère paranoïaque ?

    Je suis la compagne d’un homme en charge de la garde de ses deux enfants (une fille de 15 ans et un garçon de 13 ans). Celui-ci est en cours de divorce d’avec sa femme, atteinte de paranoïa. Les adolescents m’ont bien accueillie et semblent demandeurs d’une cellule familiale sereine, positive et attentive… Leur père et moi sommes attentifs à maintenir un lien entre les enfants et leur mère et leur laissons une grande liberté en la matière. Notre ligne de conduite envers leur mère est une « neutralité bienveillante » : nous restons à distance, évitons de juger et de tenir des propos malveillants à son égard. La seule limite que nous avons imposé à sa pathologie est l’interdiction de pénétrer à l’intérieur de notre domicile (celle-ci en possède un en Auvergne, un à Nice et un autre en Région Parisienne).

    Récemment, son état semble s’être aggravé. Nous avons peu d’informations car elle est couverte par le secret médical. De mai à juillet 2011, celle-ci s’est retrouvée internée d’office en HP suite à une visite qu’elle a effectué dans un service généraliste d’un hôpital. Suite à l’avis du psychiatre la suivant en HP, nous avons permis aux enfants de rendre plusieurs fois visite à leur mère (15h00 de voiture A/R pour 3h00 de visite, éloignement géographique oblige).
    Trois jours avant les vacances de la Toussaint, celle-ci a été internée de nouveau deux jours en HP, amenée par la gendarmerie, suite à une crise de délire et à une plainte délirante déposée auprès de la gendarmerie locale (intrusion nocturne des voisins sans effraction puisque détenteurs des clés de son domicile, piratage de son ordinateur, vols de données et viols nocturnes répétés par ces mêmes voisins).
    Le médecin psychiatre l’a laissé sortir au motif qu’elle recevait les enfants pour les vacances scolaires. Le problème est qu’elle a tenu ces discours délirants aux enfants pendant les vacances et que nous les avons retrouvés extrêmement perturbés: croyance en les dires de leur mère, couchage vers 2-3h00 du matin pour le plus jeune, sous-vêtements maculés d’excréments (surface maculée = taille de la paume de la main + longueur des doigts) pour l’adolescent de 13 ans qui m’a rendu son linge sale tel quel, sans chercher à le dissimuler ou à le nettoyer par lui-même… J’y ai lu un signe évident de détresse psychique.

    Depuis la mi-novembre 2011, leur mère a quitté sa région d’origine pour tenter de réintégrer le domicile du père. Depuis, elle vit et dort dans sa voiture à quelques rues du domicile paternel (alors que, rappelons-le, elle possède plusieurs biens immobiliers dans lesquels elle pourrait se loger…). Elle prend les enfants tous les midis à la sortie de l’école et les fait déjeuner d’un sandwich ou de vente à emporter chaude dans sa voiture.
    Ceux-ci, ont normalement l’habitude de rentrer chaque midi déjeuner au chaud chez leur père. Idem, en fin de journée où elle les garde de 16h30 à 19h00 dans sa voiture pour leur faire faire leurs devoirs… Depuis la montée de leur mère dans ces conditions atypiques, le garçon de 13 ans est de nouveau très perturbé : crise d’énurésie diurnes non dissimulées…
    Son père et moi lui avons parlé avec le plus de tact possible de sa souffrance que nous constations face à une situation difficile et douloureuse qui le dépassait. Nous avons évité de parler de psychiatre ou de psychologue mais avons évoqué la possibilité pour lui de parler et de s’ouvrir à une personne extérieure, habituée aux situations de famille difficile, tenue par le secret professionnel et qui pourrait lui apporter de l’aide…

    Son père pense que tant que leur mère sera ainsi présente, les adolescents resteront perturbés. La procédure de divorce est en cours et nous ne souhaitons pas rompre tout lien entre les enfants et leur mère… Les résultats scolaires n’ont pas été impactés par les troubles relevés chez ces enfants (notes entre 14 et 16 de moyenne pour les deux adolescents scolarisés dans un établissement scolaire de très bon niveau). Nous pensons qu’ils se réfugient en partie dans leur travail scolaire… Nous les valorisons et les félicitons face à tels résultats.

    Pour autant, nous demeurons extrêmement inquiets et attentifs face aux perturbations engendrées par l’installation atypique de leur mère à proximité de notre domicile…

    Que peut-on faire ? Comment agir au mieux pour les enfants ?

    Merci d’avance.

    • Je ne suis pas psychiatre ou psychologue mais avec ma petite expérience de paranoïaque je peux vous dire qu’en pleine crise pour ma part je devenais incontrôlable.
      Lorsque j’étais en pleine décompensation psychique j’étais dangereux pour moi comme pour les autres, j’étais suicidaire.
      Extérieurement on ne peut pas savoir ce qui se trame dans l’esprit déjanté d’un paranoïaque en pleine crise.
      Mieux vaut s’en méfier et prendre ses distances et mettre les enfants à l’abri.
      Chez certains malades les délires les poussent même à commettre des suicides étendus (suicide du malade et avant meurtre de certaines personnes).
      Demandez aux juge des affaires familiales un expertise de la mère et un mode de garde pour les enfants différent si elle refuse de se soigner: thérapie + injection d’un neuroleptique avec preuves des injections(gribouille des infirmières lors des piqures).
      Ne laissez pas des enfants seuls avec une personne atteinte de paranoïa surtout si elle est en pleine crise !
      Je suis pour ma part suivi par un psychiatre qui me prescrit mes injections(préférable au médicament oral cela évite tout oubli), je fais une thérapie avec un psychiatre-psychanalyste tous les mois et j’ai des injections de risperdal tous les 15 jours.
      Mais tant que la personne concernée n’aura pas pris conscience de sa maladie il est difficile de mettre en place un traitement et un suivi psychologique.
      Je sais de quoi je parle j’ai refusé mon traitement pendant un temps à l’hôpital, je pensais que l’on voulait m’empoisonner…
      Ce n’est que par la suite en sortant de l’hôpital psychiatrique que j’ai pri les choses en main.
      Laisser des enfants sans surveillance avec un malade peut aussi les exposer à ses délires et à ce que ça peut provoquer même chez des ados.

  • Bonjour

    Je découvre ce site et je voulais juste apporter un témoignage supplémentaire en ce qui concerne la vie avec un paranoïaque : ma mère est une paranoïaque avec tous les symptômes et troubles que vous décrivez et la vie avec elle a été un enfer pour ma sœur et moi. On est maintenant adulte, on ne vit plus avec elle (mais notre père oui) et je m’aperçois que nous sommes toutes les deux complètement déséquilibrées dans nos vies.
    Elle nous a pourri la vie, elle continue à le faire, elle pourrit la vie de mes enfants. Il est impossible de dialoguer avec elle, elle a toujours raison. Je m’aperçois que ma vie d’adulte est complètement troublée par mon enfance et mon adolescence auprès de cette femme. Nous avons tout essayé pour trouver des solutions mais évidemment comme elle n’est pas malade, elle ne voit pas de raisons d’aller se soigner.
    Lorsque ma sœur vivait encore avec elle, elle a fait une tentative de suicide. Je ne veux pas décourager les gens qui vivent la même chose, mais il est strictement impossible de vivre avec des gens comme eux. Je crois que la fuite s’impose. C’est sûrement ignoble de dire ça à propos de sa mère, mais elle n’a pas arrêté de me pourrir la vie, et le pire c’est que lorsqu’elle s’aperçoit qu’elle est allée trop loin, elle redevient charmante.
    Alors évidemment c’est moi l’égoïste et la méchante, jusqu’à me faire sentir coupable et alors essayer à nouveau de revenir vers elle. Et le cercle vicieux recommence ! Il est malheureusement impossible de se sortir d’une telle situation, l’hospitalisation d’office n’est pas possible car elle n’est pas considérée comme dangereuse et de toute façon, lorsqu’elle serait de retour, elle ne continuerait pas son traitement et ce serait pire encore pour nous.
    On est obligé de subir.
    Quelqu’un a dit sur ce site que les enfants sentent très bien lorsqu’il y a un problème : c’est vrai car je n’ai jamais interdit à mes enfants d’aller voir leur mamie, mais maintenant qu’ils sont plus grands, eux-mêmes l’évitent, ne veulent plus aller la voir et ne veulent plus lui répondre au téléphone. Vous imaginez les remarques de la concernée !
    En tout cas j’ai bientôt 50 ans et je considère que ma vie n’est pas celle que j’aurais souhaité avoir et tout ça à cause d’elle. En vivant tous les jours à côté de ce type de personnage, on perd tout sens commun et effectivement, j’ai du mal à vivre en société, je n’aime pas les gens, je ne suis pas aimable et je dois faire d’énormes efforts pour essayer d’être normale avec les autres. Merci maman.
    Tout ce que j’espère c’est que mes enfants ne subiront pas trop les conséquences de ma mauvaise humeur permanente envers les autres. Maintenant ils savent : ils m’évitent les réunions et les endroits susceptibles de m’énerver.
    Eux sont géniaux et j’espère que je ne serais jamais comme ma mère, il y a des jours où je me dit que c’est peut-être héréditaire et qu’un jour sans m’en apercevoir, je vais être comme elle.

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