Troubles de l’érection : et si c’était lié à un traitement médical ?

Un nouveau médicament, une sexualité moins performante, et le doute s'installe. « Mon traitement est-il la cause de mes troubles de l’érection ? ». Guide complet des traitements pouvant altérer ou améliorer la santé sexuelle chez l’homme.

Businessman Holds A Groin, A Handful Of Pills In Her Hand
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Les troubles érectiles : un sujet délicat à aborder

Pas facile de parler de ses troubles d'érection. Et pourtant, nombreux sont les hommes qui connaissent, à un moment ou à un autre de leur vie, une « panne sexuelle ». Bien sûr, les raisons diffèrent selon les individus. Mais on sait que certains médicaments peuvent être à l'origine d'un problème de cette nature. Et là, hors de question de renoncer à son traitement.

Si la qualité de l'érection est importante à la santé physique et psychologique, le traitement d'une maladie ne l'est pas moins : Dans tous les cas, même si le traitement est en apparence la cause de la dysfonction érectile, il ne faut pas que le patient prenne - seul - l'initiative de l'arrêter brutalement.

Car il s'expose alors à ce que l'on appelle un effet rebond. C'est-à-dire à une aggravation des symptômes de la maladie pour laquelle il est traité.

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Troubles de l'érection : Les signes à surveiller

Une relation de cause à effet peut être soupçonnée lorsque la difficulté sexuelle intervient peu de temps (deux à quatre jours) après avoir commencé un traitement.

Mais avant d'établir le lien potentiel, il faut déterminer ce qui appartient au défaut d'érection, à un désir diminué ou à une détérioration de la relation du couple. Il faut donc approfondir la situation pour ne pas passer à côté d'une affection vasculaire sous-jacente démasquée (mais non provoquée) par la prise d'un médicament. Ceci, à voir bien sûr, avec son médecin !

Il faut aussi se rappeler que, dans certaines maladies telles que l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie ou la dépression, il est parfois difficile de déterminer ce qui est imputable au médicament et ce qui est imputable à la maladie. En effet, tous deux peuvent avoir des effets sur l'érection.

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Les médicaments en cause des troubles érectiles

Il ne s'agit en aucun cas de détourner les patients de leur traitement, mais de les encourager à consulter pour trouver des solutions à une impuissance qu'on ne s'explique pas toujours.

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1. Les antidépresseurs

Parmi les médicaments utilisés pour traiter la dépression, certains ont des effets très nets sur les fonctions sexuelles. C'est notamment le cas des neuroleptiques. Leur effet qui est essentiellement cérébral (diminution du désir) peut entraîner une disparition des érections nocturnes et matinales.

Beaucoup de médecins constatent aussi de plus en plus de cas d'impuissances spectaculaires dues à certains antidépresseurs dont on dit pourtant qu'ils auraient peu d'incidence sur la sexualité.

2. Les bêtabloquants

Ils sont fréquemment accusés d'être à l'origine de nombreuses impuissances chez les hypertendus. Une enquête anglaise montre cependant que cette complication n'est réelle que dans 13 % des cas. Comme il existe souvent une atteinte latente des artères du pénis, les bêtabloquants, en faisant baisser la tension artérielle, ne font que révéler le problème érectile.

C'est aussi ce qui peut se produire lors du traitement d'un glaucome à base de collyres bétabloqueurs.

3. Les diurétiques

Prescrits aussi pour les hypertensions et les affections cardiaques, ils entraînent une impuissance chez environ 30 % des hommes. Celle-ci est certainement due au trouble de l'équilibre du potassium qu'ils provoquent et qui contrarie la capacité de relâchement du muscle lisse du pénis.

4. Les anti androgènes

Ils sont utilisés dans les cancers hormono-dépendants, comme le cancer de la prostate, pour bloquer la progression de la maladie qui se "nourrit" d'hormones mâles. Ce traitement est vital, mais gêne très fortement la sexualité avec une diminution du désir et une disparition des érections.

Dans le traitement de l'adénome de la prostate, un médicament prescrit est certes beaucoup moins puissant, mais néanmoins néfaste pour la sexualité.Le patient se doit d'être averti avant de s'engager dans ce type de médication.

5. Et les médicaments contre le cholestérol ?

Différentes études établissent un lien entre la prise de statine (ou de fibrate) et le dysfonctionnement érectile, mais ce n'est pas un effet secondaire attendu.

Leurs actions sont inexpliquées. Ici encore, la juxtaposition entre les effets de la maladie et ceux de ces médicaments hypolipémiants n'est pas très claire.

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Comment retrouver une érection ?

Il est important de faire la part entre les inconvénients d'un traitement et le risque que l'on prend pour sa santé si on ne le suit pas. D'autant qu'à chaque cas correspond une solution permettant de recouvrer une sexualité satisfaisante sans mettre sa santé en danger. Plusieurs stratégies sont possibles : elles dépendent du traitement en cours, de la gravité de la maladie et de l'état de santé global du patient.

1. Les médicaments de substitution

Pour que la substitution soit envisageable, il faut que d'autres médicaments rendant le même service thérapeutique existent et que le changement ne fasse courir aucun risque au patient. Une grande prudence s'impose, notamment dans le cas des personnes hypertendues présentant un risque cardiaque.

2. Un traitement non médicamenteux

C'est une bonne démarche pour de nombreux patients souffrant d'hypercholestérolémie traitée par statines et/ou fibrates. Car on peut obtenir des résultats similaires avec un régime et de la phytothérapie et les plantes.

3. Un facilitateur de l'érection

Après un sevrage aux antidépresseurs par exemple, la prise d'inhibiteurs des phosphodiestérases a souvent un effet positif sur l'érection. Au préalable, il faut toutefois vérifier qu'il n'y a pas d'insuffisance hormonale, parfois lié au syndrome dépressif.

4. Les mini-injections intracaverneuses

Elles sont une indication de choix lorsque le traitement en cours nécessite, par exemple, plusieurs spécialités d'anti-hypertenseurs - comme souvent dans les affections vasculaires - et que l’on se trouve confronté soit à une accumulation d'effets secondaires, soit à une contre-indication (ou inefficacité) des facilitateurs de l'érection.

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